La tour Elithis ŕ Dijon

Produits utilisés
Pilkington Suncool™

Description

La première tour à énergie positive au monde


La tour Elithis à Dijon, bâtiment à énergie positive produit plus d'énergie qu'elle n'en consomme, ce qui la rend bien plus performante que les bâtiments à haute qualité environnementale (HQE).
Conçue par la société Elithis ingénierie, spécialisée dans les fluides techniques du bâtiment et la très haute efficience énergétique, avec le concours de l'architecte, Jean-Marie Charpentier, la tour compte dix étages et mesure 33,50 mètres de haut. La tour Elithis a coûté 1.400 euros (HT) au mètre carré, soit le même prix qu'un bâtiment standard qui consomme lui 220 kWh par mètre carré et par an !
Elle est présentée comme un bâtiment intelligent, le plus performant et le plus sobre au monde. Ce "laboratoire" dispose de 1600 capteurs et compteurs afin de mesurer la performance énergétique des différents équipements (chauffage, rafraîchissement, ventilation, éclairage..), permettant une autorégulation au jour le jour. Le bâtiment de verre, bois et aluminium laqué, met en œuvre toute une série de systèmes destinés à produire et économiser l'énergie. Son coût, hors terrain, est de 7 millions d'euros.

Une toiture plane avec panneaux photovoltaïques
La tour produit elle-même son énergie grâce à une toiture entièrement recouverte de panneaux solaires - seul surcoût de 500.000 euros par rapport à une installation traditionnelle, selon M. Bièvre directeur général d'Elithis. Cet équipement permet de produire un tiers de l'énergie consommée, soit 60.000 KW/h par an.
Pour ses concepteurs, la Tour Elithis constitue « le bâtiment à énergie positive le plus performant de France ». Pour Thierry Bièvre, « Il donnera une longueur d'avance d'au moins 40 ans à la ville de Dijon ». La dépense d'énergie correspondra à 30 KW/heure par m2, "soit cinq fois moins que la norme",avec une "réduction par quatre de la production de gaz à effet de serre", précise Mr Bièvre.
Dans le même temps, l'ensemble de la consommation fera l'objet d'une gestion adaptée et économe (ampoules Led, etc.) et d'une récupération mutualisée de l'énergie. Parce que l’eau est en passe de devenir l’enjeu écologique prioritaire de la planète, un effort particulier a été fait au niveau de la gestion des eaux pluviales. Ainsi, la perméabilisation et rétention du bâtiment a été optimisée grâce à la création d’un bassin de rétention situé dans le parking. La récupération des eaux de pluie en toiture alimentera un réseau indépendant pour l’alimentation sous pression atmosphérique des sanitaires des bureaux.
Les recettes de la vente de 82 000 kWh d'électricité par an, estimées à 40 000 euros, seront réparties entre les propriétaires, au prorata des surfaces qu'ils détiennent.


Une façade performante
Le travail conjoint du bureau d'études et de l'architecte Jean-Marie Charpentier a porté sur un point important : les déperditions du bâtiment. La forme ovoïde de la tour de 33,50 m de haut réduit la prise au vent. Les 1 400 m2 des vitrages Pilkington Suncool™ 70/40 de la façade favorise l'éclairage naturel dans les bureaux ce qui limite le recours à la lumière artificielle. Un bouclier solaire en métal déployé préserve la luminosité : ses formes épousent la course du soleil et les ombres des bâtiments voisins. La tour est construite avec des matériaux respectueux de l'environnement. Ainsi, la façade est essentiellement constituée de bois.


Energie produite par les activités de l'immeuble
En adoptant quelques réflexes simples, les occupants devraient permettre au bâtiment d'atteindre le bilan positif : améliorer l'éclairement individuel, débrancher les ordinateurs chaque soir, préférer les escaliers aux ascenseurs, faire le ménage en journée...
Pour les motiver, un totem affichera dans la rue les consommations quotidiennes du bâtiment, les écarts entre les hypothèses et la réalité, ainsi que les rejets de gaz à effet de serre. La démarche de l'équipe de maîtrise d'œuvre a consisté à recourir au minimum d'énergies, fussent-elles renouvelables.
Pour optimiser le rendement des énergies, les ingénieurs exploitent également les ressources générées par les activités économiques de l'immeuble. « Les calories extraites par les hottes du restaurant du rez-de-chaussée et la dissipation calorifique de ses chambres froides sont récupérées, de même que la chaleur produite par le cabinet de radiologie », précise Thierry Bièvre. En été, une ventilation naturelle triple flux rafraîchit les locaux. Objet d'un brevet, le système permet de paramétrer et de programmer le confort thermique sans recourir à une climatisation.
De multiples dispositifs d'économie ont été étudiés, éclairage favorisant la lumière naturelle, chaudière à bois dépensant pour tout l'immeuble "l'équivalent de la consommation d'un pavillon de banlieue", bouclier thermique en aluminium en façade, etc.

Les plafonniers traditionnels bannis
L'éclairage d'ambiance par LED varie en fonction des conditions d'éclairement naturel et de la présence ou pas des personnes. La tour bannit les traditionnels plafonniers au profit d'un éclairage individuel des postes de travail et au prix d'un surplus de prises de courant. Grâce à ces solutions, une chaufferie à granulés de bois d'une puissance de 120 kWh doit satisfaire les besoins en chauffage. « A ce stade, la tour affiche 70 kWh/m2.an, tous usages confondus », précise Thierry Bièvre. Les 580 m2 de panneaux photovoltaïques installés sur la toiture-terrasse améliorent ces performances.


Le bâtiment, près du centre ville, accueillera sur quatre niveaux les 60 salariés de la société, le reste étant ouvert à la location de bureaux. Un niveau sera dédié à l'expérience. Un panneau extérieur, visible par le public, indiquera jour après jour les économies réalisées.
Ce projet, soutenu par la municipalité, s'inscrit dans une politique de "mise en place d'une urbanisation exemplaire au niveau de l'architecture et du développement durable", a indiqué pour sa part le maire de la ville François Rebsamen. Les bâtiments à énergie positive, en place surtout en Europe du nord, ont déjà donné lieu à plusieurs projets en France.

 



Référence
FR0054

Date de lancement
Avril 2009

Lieu

Adresse
DIJON (21) - Centre ville

Surface
1400 m˛

Architecte

Jean-Marie Charpentier - Arte Charpentier

Maîtrise d'ouvrage : Elithis Ingénierie.



Entreprise de pose
C3B (Vinci), entreprise générale ; Protoy, façades ; Relec, électricité ; Bourgogne Etanchéité, toiture photovoltaïque.